Trouver un emploi dans l’aéronautique : les compétences recherchées



Avec la croissance du secteur de l’aéronautique, les entreprises rencontrent des difficultés à trouver « le candidat idéal ». Pour pallier cette rareté, les entreprises s’ouvrent de plus en plus à des candidats issus de l ‘industrie. L’Apec nous propose une étude sur les compétences et qualités recherchées dans le secteur de l’aéronautique. Extraits


Exigence, rigueur et expertise technique

La sécurité des passagers implique une expertise technique et un respect implacable des cycles de production. Pour être embauché, le candidat devra avoir de solides connaissances techniques qui pourront être facilement appliquées dans le secteur de l’aéronautique (travail des métaux, mécanique électronique, informatique, …).

L’optimisation et l’amélioration des matériaux fait partie des grands défis technologiques du secteur. Il est donc fortement recommandé de connaître les matériaux et procédés utilisés (fusion, soudage, thermoformage). La maîtrise du métal et/ou du composite est une compétence très recherchée.

Automobile et transport : des compétences communes

Longtemps, l’aéronautique a travaillé sur de petites séries de l’ordre de la production artisanale. Aujourd’hui, du fait de la demande croissante, la production s’intensifie et le secteur a besoin de salariés qui maîtrisent les cadences industrielles. Les cadres issus des secteurs ferroviaire et automobile sont donc très appréciés.

Un train c’est finalement un avion qui ne vole pas ! Ce sont à peu près les mêmes séries entre les TGV et les Airbus, c’est très proche. Donc je pense que le passage se fait sans trop de souci.
(Directeur Établissement de formation)

L’Apec a également recueilli l’avis d’un expert en pôle de compétitivité qui ajoute : "L’aéronautique est en train de passer de petites séries à des moyennes séries. Donc ils sont intéressés par le fait que l’automobile leur passe un petit peu des savoir-faire qu’eux n’ont pas... "

Parler une langue, deux langues étrangères ?

L’aéronautique étant fortement internationalisé, les compétences linguistiques sont incontournables. Dans son étude, l’Apec insiste sur "l’environnement multiculturel et polyglotte" du secteur.

Chez Dassault, chez Airbus, on cherche de plus en plus des gens qui sont capables de négocier des prix, de parler des langues étrangères... Dans l’aéronautique vous avez l’obligation, quel que soit votre niveau, ouvrier, technicien ou ingénieur, d’avoir un minimum d’anglais.
(Expert, pôle de compétitivité)

Pour les cadres, maîtriser deux ou plusieurs langues deviendra la norme, notamment pour les ingénieurs et techniciens supérieurs qui devront être capables de dialoguer l’anglo-allemand, l’anglo-italien, ...

Capacités d’adaptation et relationnelle

Outre les compétences techniques, l’aéronautique requiert des aptitudes relationnelles et une grande capacité d’adaptation et d’apprentissage concernant notamment les normes, les techniques de travail et le langage propre au secteur. Chaque secteur est doté d’un langage spécifique, cela est d’autant plus vrai dans le secteur de l’aviation. "Pour l’ingénieur, c’est vrai la différence entre l’aéronautique et l’automobile par exemple n’est pas forcément très grande sur le plan technique. C’est plus une question d’adaptation, de vocabulaire" (Expert pôle de compétitivité)

Les compétences managériales et l’expérience du mode projet sont également recherchées. Le secteur cible des leaders charismatiques empruntés aux modèles californiens : "Ils cherchent des gens qui ne sont pas clonés ‘aéronautique’, qui apportent cette façon différente de travailler.(…) Des gens très leaders, très charismatiques, qui vont insuffler le changement.
(Consultant, ex recruteur aéronautique)"


Un secteur dynamique avec des besoins concentrés en production

Avec un chiffre d’affaires de plus de 58 milliards d’euros, le secteur de l’aéronautique affiche une croissance déconcertante. De l’avis de nombreux experts, le trafic aérien augmentera probablement entre 2030 et 2050, ce qui entraînera une demande plus forte en aéronefs et en équipements aéronautiques.

Entre 2010 et 2015, le secteur a créé 26 000 emplois en France. En 2015, les entreprises ont recruté un peu plus de 10 000 personnes dont 42 % de cadres et d’ingénieurs.
Après de nombreuses embauches d’ingénieurs en conception/recherche, les embauches à venir se concentreront sur la production et plus particulièrement sur l’industrialisation du produit. (optimisation des chaînes de production, raccourcissement des délai de fabrication, …)

Cet article vous a-t-il été utile ?