Economie sociale et solidaire : des entreprises pas comme les autres



L’économie sociale et solidaire représente plus de 10% de l’emploi en France. Elle porte des valeurs de responsabilité et de solidarité qui la différencient du reste de l’économie. Elle devra renouveler 600 000 postes d’ici 2020 en raison des départs à la retraite.

Cette synthèse s’appuie sur le Panorama de l’économie sociale et solidaire en France et dans les régions réalisé en 2012 par l’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire qui apporte un éclairage sur les spécificités et le poids de cet ensemble socio-économique.


1 - Points de repère

L’économie sociale et solidaire (ESS) représente 10,3 % de l’emploi français et près de 14 % de l’emploi privé. Elle emploie 2,34 millions de salariés dans près de 223 000 établissements employeurs pour 56,4 milliards d’euros de rémunérations brutes versées.

Les établissements employeurs, qui s’appuient sur une gestion collective, démocratique et participative ainsi que sur des principes de responsabilité et de solidarité, sont :

  • des associations (78,6 % des emplois) ;
  • des coopératives (13,1 % des emplois) ;
  • des mutuelles (5,4 % des emplois) ;
  • ou des fondations (2,9 % des emplois).

De l’action sociale, l’insertion par l’activité économique, aux activités de finances solidaires et d’assurance, elles exercent le plus souvent dans le secteur tertiaire. Ces organisations se sont progressivement ouvertes à de nouveaux besoins de la société qui n’étaient pas couverts : logement, lutte contre les inégalités, insertion sociale, aide aux personnes âgées et handicapées, commerce équitable, développement durable…

Une charte de l’économie sociale existe depuis 1980 et repose sur trois grands principes :

  • ce sont des sociétés de personnes et non de capitaux ;
  • chaque adhérent, sociétaire ou coopérateur dispose d’une voix dans les instances de décision ;
  • le but de l’action n’est pas le profit.

Chiffres clefs : 19 millions de Français adhèrent à une mutuelle de santé, près de 22 millions sont sociétaires d’une banque coopérative, 21,1 millions sont sociétaires d’une mutuelle d’assurance, entre 11 et 16 millions sont bénévoles dans des associations et plus d’un Français sur quatre adhère à une association.

2 - Évolutions de l’emploi et perspectives pour les métiers

L’ESS a permis des créations d’emplois soutenues et plus importantes que dans le reste de l’économie jusqu’en 2010 (autour de 2% de croissance par an depuis 2008), signe d’une bonne résistance à la crise en cours. Cependant, on constate un affaiblissement de l’emploi associatif sur l’année 2011 et le premier semestre 2012 (de 2 à 4% selon les régions) confirmant l’inquiétude des dirigeants associatifs qui avaient alerté sur la diminution des soutiens publics (baisse des financements et des contrats aidés). Les secteurs de l’aide à domicile et des arts et spectacles sont les plus touchés. Les emplois portés par les coopératives, les mutuelles et les fondations ont continué pour leur part leur croissance en 2011.

600 000 postes à renouveler d’ici 2020

Les salariés de l’ESS sont en moyenne nettement plus âgés que ceux du reste de l’économie privée. Avec 608 000 postes qui seront libérés d’ici 2020 par des départs en retraite, le renouvellement des emplois dans un avenir proche et la transmission des savoir-faire sont des préoccupations essentielles de l’ESS, notamment dans les secteurs les plus en tension : sanitaire et social, insertion...

L’ancrage local induit des emplois non délocalisables

Répondant aux besoins spécifiques de la population locale, les organisations et entreprises de l’ESS sont fortement ancrées dans les territoires et participent ainsi à leur développement.

Ce sont des acteurs émanant des territoires, portant des services de proximité et créant des emplois non délocalisables. Très présente en secteur urbain, l’ESS est également porteuse de nombreux emplois et activités en milieu rural comme l’aide à domicile.

Les entreprises interviennent notamment dans la mise en place de services d’intérêt général répondant à des besoins sociaux dans les territoires : services aux personnes, petite enfance, santé... Elles soutiennent le développement d’activités et de filières nouvelles en fonction des ressources des territoires : éco-construction, filière bois... L’ESS favorise aussi les ressources locales en s’appuyant sur des circuits courts et en relocalisant les activités économiques.

Les femmes majoritaires dans les principaux secteurs de l’ESS

Plus de 67% des salariés sont des femmes bien plus que dans le secteur public (60%) ou le reste de l’économie privée (40%). La présence des femmes dans l’ESS est liée au positionnement de l’ESS sur des secteurs d’activité traditionnellement féminisés : enseignement, action sociale, santé, finances.

Cependant, les femmes accèdent moins que les hommes à des postes à fortes responsabilités et occupent davantage d’emplois à temps partiel. Les inégalités salariales sont moins fortes que dans le reste de l’économie : les écarts de rémunération entre hommes et femmes, à poste et conditions d’emploi équivalents, étant plus faibles dans l’ESS (8%) que dans le reste du privé (13%). Ces écarts se creusent cependant de manière importante au sein des coopératives (15%) et des mutuelles (25%), alors qu’ils ont tendance à être plus réduits dans les associations (6%).

Une part importante de cadres parmi les salariés
Le taux d’encadrement est de 15 % dans l’ESS. Près de 13% des cadres du privé travaillent dans l’ESS et une majorité sont des femmes (52%) alors que dans le privé hors ESS, les femmes ne représentent que 32% des cadres.
Les cadres sont majoritairement présents dans les coopératives et les associations ainsi que dans certains secteurs d’activité : l’enseignement, la finance, les banques et les assurances, l’action sociale et la santé.

La part des temps partiels varie selon les secteurs et l’employeur

Si l’ESS compte davantage d’emplois à temps partiel que le reste de l’économie, il existe une grande disparité de l’usage des temps partiels selon les secteurs d’activité.

Dans l’ESS, les secteurs de l’agriculture, le commerce, le transport, les activités bancaires, financières et d’assurance, l’hébergement et la restauration emploient davantage de temps complets que ces mêmes secteurs dans le reste du privé.

Inversement, dans les secteurs tels que l’enseignement, la santé et l’action sociale de l’ESS, le taux d’emploi à temps complet est inférieur à celui du reste du secteur privé mais également au secteur public.
Dans les associations, la part des temps partiels est la plus importante (bien qu’en diminution par rapport à 2008) : 42 %, contre 37% pour l’ensemble de l’ESS et seulement 14 % dans les coopératives.

3 - Recrutements prévus dans les mois à venir

L’étude Besoins de main-d’œuvre de Pôle emploi ne collecte pas spécifiquement les projets de recrutement pour l’économie sociale et solidaire. Vous trouverez ci-après les prévisions de recrutement à court terme pour les secteurs et métiers qui s’en approchent, ainsi que les territoires les plus demandeurs.

Grand secteur : Services aux particuliers

Secteur : Santé humaine et action sociale

Zone géographiqueNombre de projets de recrutementPart de projets difficilesPart de saisonniers
France entière 193 586
 46.0 % 16.4 %
TOULOUSE 4 388 54.2 % 21.9 %
BORDEAUX CUB 3 901 40.9 % 14.4 %
LILLE 3 549 36.9 % 18.3 %
MARSEILLE 3 367 54.9 % 16.0 %
NANTES 2 974 35.6 % 22.8 %
MONTPELLIER 2 608 66.4 % 10.0 %
RENNES 2 537 48.0 % 24.4 %

Grand secteur : Services aux particuliers

Secteur : Autres activités de services

Zone géographiqueNombre de projets de recrutementPart de projets difficilesPart de saisonniers
France entière 154 639
 41.9 % 40.4 %
TOULOUSE 3 961 38.4 % 38.9 %
PARIS MONTMARTRE 3 508 34.4 % 37.8 %
LYON CENTRE 3 508 34.2 % 39.9 %
MARSEILLE 2 745 37.7 % 28.4 %
PARIS BASTILLE 2 513 43.3 % 18.3 %
LILLE 2 265 41.9 % 18.7 %

Famille : Fonctions liées à la vente, au tourisme et aux services 

Métier : Aides à domicile, aides ménagères, travailleuses familiales

Zone géographiqueNombre de projets de recrutementPart de projets difficilesPart de saisonniers
France entière 54 311
 64.9 %
 17.8 %
TOULOUSE 2 208 58.8 % 21.6 %
MARSEILLE 1 509 67.8 % 18.3 %
MONTPELLIER 1 391 91.2 % 5.7 %
BORDEAUX CUB 1 021 75.9 % 9.2 %
NANTES 987 51.1 % 18.8 %
LYON CENTRE 933 77.3 % 1.6 %

Source : http://bmo.pole-emploi.org

Synthèse réalisée par Centre Inffo, novembre 2013. 


Sauf mention particulière, les données statistiques présentées dans le Panorama de l’économie sociale et solidaire en France et dans les régions ne portent que sur les structures ayant un statut d’association, de coopérative, de mutuelle ou de fondation.

Source

Panorama de l’économie sociale et solidaire en France et dans les régions, édition 2012, Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (CNCRES)

Aller plus loin

Conseil National des Chambres Régionales de l’Economie Sociale (CNCRES)
http://www.cncres.org/

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