L’artisanat d’art : plus qu’un métier, une passion !



Doreur-relieur, lapidaire, éventailliste, céramiste, chaumier, gantier, plumassier… les métiers d’art sont nombreux et demandent un grand savoir-faire.

Ces professionnels très qualifiés imaginent, façonnent, restaurent des pièces. La transformation des matières ou leur restauration est le cœur des 198 métiers qui composent l’artisanat d’art.


Points de repère

L’arrêté du 24 décembre 2015 fixe la liste des 198 métiers regroupés en 16 domaines :

  • architecture et jardins ;
  • ameublement et décoration ;
  • luminaire ;
  • bijouterie, joaillerie,
  • orfèvrerie et horlogerie ;
  • métal ;
  • céramique ;
  • verre et cristal ;
  • tabletterie ;
  • mode et accessoires ;
  • textile ;
  • cuir ;
  • spectacle ;
  • papier,
  • graphisme et impression ;
  • jeux, jouets et ouvrages mécaniques ;
  • facture instrumentale ;
  • restauration.

Ces métiers sont reconnus par la loi du 18 juin 2014 qui leur donne une définition légale stipulant qu’ils « constituent une activité indépendante […] caractérisée par la maîtrise de gestes et de techniques en vue du travail de la matière et nécessitant un apport artistique ».

Des métiers très variés

Les métiers d’art sont répertoriés en trois grandes familles :

1- Les métiers de tradition

Le professionnel s’inspire ou reproduit des pièces existantes en petite ou moyenne série selon un savoir-faire traditionnel.
On y trouve des métiers tels que celui de graveur, de tapissier, de facteur d’orgues…

2- Les métiers de la restauration

Les métiers de restauration demandent un savoir-faire permettant la conservation et la restauration du patrimoine immobilier et mobilier. La majorité de ces professionnels travaillent dans des ateliers spécialisés. La plupart des clients sont les institutions publiques et les collectivités territoriales.
Parmi ces professionnels, on trouve les tailleurs de pierre, les ébénistes, les restaurateurs de vitraux…

3- Les métiers de la création

Les artisans des métiers liés à la création produisent des pièces uniques ou des petites séries.
Parmi les artisans de la création, on trouve des brodeurs, des orfèvres, des bottiers…

Une activité concentrée en Ile-de-France et dans le « grand Sud –Est » de la France

Selon l’INMA (Institut national des métiers d’art), les métiers d’art regroupent près de 38 000 entreprises (99 % sont des TPE). Environ 57 000 salariés et 38 000 non-salariés travaillent dans ce secteur. La majeure partie des effectifs est concentrée dans les métiers du bois, de la pierre, du textile et de la bijouterie-joaillerie.

La majorité des entreprises du secteur se trouve en Ile-de-France, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes (données avant fusion des Régions).

De nombreux métiers d’artisanat d’art présents en Île-de-France

La Région Île-de-France se place en tête des régions avec 5 000 entreprises, soit 20 % des entreprises à l’échelle nationale dans le secteur.

Outre les entreprises du luxe, de la mode, l’Ile-de-France est très active dans le domaine de la restauration d’art (ébénisterie, pierre de taille…) avec près de 4 000 monuments historiques (privés et publics).

Des ateliers de réputation internationale y sont implantés générant des emplois (Manufacture de la céramique de Sèvres, Manufacture des tapisseries des Gobelins...).

Les musées parisiens font appel également aux professionnels des métiers d’art pour préserver et restaurer leurs dorures, tapisseries, livres anciens…

Le monde du spectacle (théâtres, opéras…), avec ses accessoiristes, costumiers, recrute aussi.

Évolutions de l’emploi et perspectives

Les sources statistiques émanant des ministères ou de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) ne permettent pas de comptabiliser exactement le nombre de personnes exerçant un métier d’art ni les besoins en recrutements.

Il est nécessaire de faire une recherche par métiers (voir enquête Besoins en main-d’œuvre 2016)

Un descriptif des métiers est accessible sur le site de l’INMA

La reprise d’activité : une réelle opportunité !

Comme pour le secteur de l’artisanat, avec les départs à la retraite (conséquence du baby-boom), il existe de réelles opportunités de reprises d’entreprises. Pour ne pas voir disparaitre un pan entier de son savoir-faire, le secteur a besoin de main-d’œuvre ayant les compétences, les gestes professionnels.

Formations et concours de l’Etat

L’Etat organise des concours nationaux pour recruter des professionnels des métiers d’art.

La liste est consultable sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication

Quels types de formations ?

Plus de 1 000 établissements permettent de se former aux métiers d’art, notamment en alternant cours et stages en entreprise.

Les CAP (certificats d’aptitude professionnelle - niveau V) permettent d’acquérir les gestes de base du métier.

Selon la spécialité, et pour acquérir plus de savoir-faire technique, il est possible de préparer un BMA (brevet des métiers d’art) ou un bac professionnel.

Les DMA (diplômes des métiers d’art) permettent de se former en 2 ans après le bac ou le BMA. Il permet l’acquisition d’un savoir-faire traditionnel,

Après l’obtention du DMA, il possible d’obtenir un DSAA (diplôme supérieur d’arts appliqués) en 2 ans puis un master 2.

Comme pour tout le secteur de l’artisanat, les cursus en apprentissage sont très appréciés puisqu’ils allient formation et pratique professionnelle auprès d’un expert.

Consulter la rubrique « Rechercher une formation »

Rencontrer des professionnels

Chaque année, en France, ont lieu les Journées européennes des métiers d’art (JEMA).
Les prochaines Journées auront lieu les 31 mars, 1er et 2 avril 2017.

Créées en France à l’initiative des pouvoirs publics et coordonnées par l’INMA, ces Journées sont un événement international qui vise à favoriser les rencontres entre professionnels et public, à soutenir ce secteur et pérenniser un savoir-faire national.

Dans le même esprit, chaque fin d’année, se tient le Salon des métiers d’art et de création au Carrousel du Louvre à Paris, organisé par la Chambre régionale de métiers et de l’artisanat d’Île-de-France et les 8 Chambres départementales de métiers et de l’artisanat.

Centre Inffo, janvier 2017 


Sources et renseignements pratiques

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