Les métiers de l’armée de terre



L’armée de terre recrute environ 10 000 personnes par an, qualifiées ou pas. De nombreux types d’emplois sont à pourvoir dans différents domaines : combat, commandement, technique, administration ou logistique…

La carrière des professionnels de l’armée de terre s’organise selon un schéma en trois temps : recrutement - formation – reconversion. Cette synthèse sur les métiers de l’armée de terre s’appuie des informations produites par le ministère de la Défense sur l’armée de terre.


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1 - Points de repère

En 2010, l’armée de terre comptait :
112 860 militaires d’active dont :

  • 62 570 militaires du rang sous contrat et 850 volontaires de l’armée de terre ;
  • 36 650 sous-officiers de carrière et sous contrat ;
  • 12 790 officiers de carrière et sous contrat.
  • Et environ 11 000 hommes servant dans les unités d’instruction et d’intervention de la sécurité civile, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, le service militaire adapté et diverses organismes hors du ministère de la Défense ;
  • Et 13 000 dans les organismes du ministère de la Défense.

19 110 personnels civils dont :

  • 1 070 fonctionnaires de catégorie A ;
  • 1 920 fonctionnaires de catégorie B ;
  • 7 240 fonctionnaires de catégorie C ;
  • 8 880 ouvriers de l’Etat.
  • 16 690 réservistes servant au titre d’un engagement spécial dans la réserve.
  • Et 47 920 militaires ayant quitté le service actif depuis moins de cinq ans (astreints à disponibilité durant cette période et formant la réserve opérationnelle de deuxième niveau).

Source : Mise à jour le 19 mars 2010 - Droits : Armée de terre 2010.

2 - Les métiers de l’armée de terre

L’armée de terre est composée de militaires, hommes et femmes, servant au sein de régiments, états-majors et organismes d’administration, en France métropolitaine et outre-mer. L’armée de terre recrute plus de 10 000 militaires par an pour exercer le métier de soldat.
Plus de 100 emplois sont proposés et déclinés en près de 300 fonctions. Tout soldat est un combattant, en même temps qu’un spécialiste. Que les candidats soient qualifiés ou pas, le métier de soldat s’apprend…

Le parcours professionnel que l’armée de terre propose s’articule autour du triptyque : recrutement-formation-reconversion.

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En termes de recrutement

Selon la campagne de recrutement actuelle menée par l’armée de terre, 10 000 postes sont à pourvoir. Au sein des métiers exercés dans l’armée de terre, voici dans le tableau ci-après ,une sélection parmi ceux qui recrutent dans plusieurs domaines : combat, commandement, technique, administration ou logistique…

Exemples de métiers qui recrutent

  • Agent logistique
    Gérer des stocks de pièces détachées ou de munitions et leur acheminement pour que l’équipement du soldat soit toujours disponible.
  • Assistant administratif/comptabilité
    Assurer des tâches de secrétariat au sein d’un service administratif et encadrer 2 à 4 secrétaires, sous les ordres d’un chef de secrétariat.
  • Assistant gestion RH administration du personnel
    Participer à l’administration du personnel, à la gestion collective et individuelle au sein d’un organisme de gestion des ressources humaines ou d’un bureau de gestion de l’administration locale, régionale ou centrale.
  • Chef de char ou d’engin blindé
    Commander et entraîner techniquement, physiquement et moralement son équipage de char (2 à 6 personnes) pour pouvoir, le cas échéant, exécuter une action de combat blindé coordonnée au sein de son unité élémentaire, variable selon l’engin blindé.
  • Chef de groupe de combat d’infanterie
    Commander et entraîner techniquement, physiquement et moralement son groupe de combat (une dizaine de personnes) pour pouvoir, le cas échéant, exécuter une action de combat d’infanterie coordonnée au sein de son unité élémentaire sur le terrain.
  • Chef de groupe d’artillerie sol-sol
    Commander et entraîner techniquement, physiquement et moralement son équipe de pièce, son équipage de poste radar ou des équipiers d’observation (3 à 8 personnes), en vue d’exécuter une action d’appui par des tirs d’artillerie sur le terrain, au profit des unités de mêlée.
  • Chef de patrouille appui mouvement
    Commander une patrouille de circulation (6 à 8 personnes). Vous mettez en œuvre les procédés techniques et tactiques pour remplir toutes les missions élémentaires concourant à l’exécution des missions de renseignement (viabilité des itinéraires) ; d’appui au mouvement (aide à la circulation) ou de sûreté.
  • Chef d’escouade transport-ravitaillement
    Occuper des emplois très variés dans le domaine de la logistique : transit ferroviaire et portuaire, manutention, transport d’engin blindé, régulation ravitaillement et approvisionnement citerne tactique … Le chef d’escouade commande, instruit et entraîne ses 3 à 6 équipages en vue d’exécuter une mission de soutien logistique dans un cadre interarmes, voire interallié, en respectant des règles de sécurité et de sauvegarde.
  • Combattant de la cavalerie blindée sur EB
    Etre au cœur de l’action, au contact des populations, à bord de chars moyens et lourds. De votre efficacité dépendent votre sécurité et celle de vos camarades.
  • Combattant de la logistique
    Etre capable de conduire un véhicule poids lourd, ou super poids lourd, sur n’importe quel terrain et prendre la bonne décision au bon moment.
  • Combattant de l’appui mouvement
    Etre capable de guider et de renseigner les véhicules en déplacement, en zone de conflits comme en temps de paix.
  • Combattant de l’artillerie
    Appuyer les unités d’infanterie et de cavalerie et servir des systèmes d’armes puissants et de haute technologie. Du succès de votre mission peut dépendre la sécurité de vos camarades.
  • Combattant de l’infanterie
    Etre au cœur de l’action, au contact des populations. De votre efficacité dépendent votre sécurité et celle de vos camarades.
  • Combattant des systèmes d’information et de communication
    Garantir les liaisons sur le terrain entre les soldats et le poste de commandement.
  • Combattant du génie
    Appuyer les unités d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie... sur le terrain, en se servant des sols et de ce qu’offre la nature. Du succès de votre mission peut dépendre la sécurité de vos camarades.
  • Combattant du renseignement aéroporté
    Servir dans un régiment des forces spéciales.
  • Mécanicien moteur
    Effectuer des opérations de maintenance sur les châssis, les systèmes de propulsion et les moteurs des véhicules militaires de tous types afin qu’ils soient toujours prêts à partir en mission.
  • Spécialiste recherche aéroportée et actions spéciales
    S’entraîner techniquement, physiquement et moralement au sein d’un groupe ou d’une équipe de recherche (2 à 6 personnes). Professionnel des opérations très spécifiques (commando ou autres) et du renseignement à fin d’action, parfois au profit des plus hautes autorités.
  • Spécialiste renseignement d’origine électromagnétique – Détection et analyse des signaux électromagnétiques
    Intercepter et caractériser les signaux d’origine électromagnétique. En qualité d’opérateur interception et analyse technique, vous mettez en œuvre et exploitez une table d’interception technique ou une station de guerre électronique.
  • Technicien de maintenance électronique
    Diriger une équipe de mécaniciens électroniciens en vue d’assurer la maintenance préventive et curative sur les matériels de détection électromagnétique.
  • Technicien de maintenance optronique
    Diriger une équipe de mécaniciens d’optronique en vue d’assurer la maintenance préventive et curative sur les matériels optiques et optroniques, les matériels NBC et incendie ou sur les systèmes d’armes antichars, selon l’option choisie.
  • Technicien des réseaux informatiques
    Participer à l’installation, à la mise en œuvre et à l’exploitation d’un réseau local de télécommunications. En qualité de technicien des réseaux informatiques, vous travaillez dans 3 domaines : les réseaux, les applications et le matériel.
  • Technicien des systèmes de télécommunication
    Veiller au quotidien au bon fonctionnement d’un réseau de télécommunications, prévenir ses dysfonctionnements et le faire évoluer en fonction des avancées technologiques. Vous participez aussi à la sûreté et à la défense des sites d’implantation.
  • Technicien des systèmes de télécommunication tactiques
    Commander un équipage (3 à 8 personnes) afin de mettre en œuvre et d’exploiter une ou plusieurs stations support « faisceau hertzien tactique sur le terrain ».
  • Technicien restauration, hôtellerie, loisirs
    Contribuer au soutien logistique quotidien du soldat et participer durant la journée au maintien de son moral, en caserne comme en opération.

En termes de formation initiale

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  • 12 000 jeunes engagés, de tous grades et de toutes spécialités, rejoignent chaque année l’armée de terre. 38 spécialités sont proposées aux 3500 élèves sous-officiers formés chaque année à l’Ecole nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) : du combat blindé à la maintenance technique en passant par la gestion des ressources humaines, le renseignement ou encore la santé. 350 cadres sont dédiés à la formation des 1 100 stagiaires présents au quotidien à l’ENSOA.
  • 13 centres de formation initiale des militaires du rang ont été créés depuis juillet 2010. Ils assurent la formation de base des jeunes recrues.
  • 17 000 : c’est le nombre d’officiers dans l’armée de terre. Parmi eux, 2300 servent en vertu d’un contrat. Tous sont passés par les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan.
  • 6 semestres de formation : les élèves officiers de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr suivent 3 années d’études, répartis en 4 semestres à dominante académique et 2 semestres à dominante militaire.
  • Les officiers sous contrat suivent 14 semaines de formation aux écoles de Coëtquidan. A l’issue de celle-ci, ils rejoignent les organismes pour lesquels ils ont été retenus.
  • 60 stagiaires officiers sous contrat pilote sont formés chaque année, au rythme d’une vingtaine pendant les 3 stages étalés sur l’année. Ces futurs pilotes suivent une formation initiale de 14 semaines.
  • 1170 heures de cours sont suivies par les élèves sous-officiers de recrutement semi-direct durant leur formation à Saint-Maixent. Soit 35 semaines, ou 8 mois.

Source et droits : Armée de terre 2012.

En termes de reconversion

Depuis 2009, l’Agence de reconversion de la Défense (ARD), Défense mobilité, est l’unique interlocuteur pour les militaires et civils des trois armées candidats à la reconversion. Elle propose un parcours normé, individualisé et personnalisé qui permet à chacun de développer le projet qui lui correspond, dans le secteur privé ou la fonction publique.

Chiffres clés de la reconversion en 2012 (hors gendarmerie)
Taux de reclassement « privé + public » : 74% (+ 4 ans de service)

Accès à l’emploi

  • Secteur privé : 9 784
  • Dont partenariat : 2 238
  • Fonction publiques : 2 174

Selon TIM, Terre Information Magazine (n° 24 février 2013), « (…) la reconversion n’est pas un échec, martèle le général Jean-Paul Martial, directeur de Défense mobilité. Elle fait partie du cursus, c’est une étape normale et à laquelle l’institution militaire est particulièrement attentive. Il existe de nombreux dispositifs d’aide. Un accompagnement individuel et personnalisé est prévu pour chacun, quel que soit son statut ou son ancienneté ». La reconversion constitue la transition entre la carrière militaire et la vie active dans le civil. « L’orientation vers tel ou tel autre type de métier est le résultat d’un long travail de discussion entre le candidat et son conseiller référent ; c’est l’aboutissement d’un projet construit et viable », explique l’adjudant Guy-Benoît Vilneuve, conseiller emploi à Défense mobilité. « Le premier contact avec l’antenne Défense mobilité est à l’initiative du candidat. C’est le point de départ de tout parcours. Dans l’idéal, il doit intervenir entre 24 et 18 mois avant la date souhaitée de départ. » Le parcours est séquencé. Information, orientation, validation du projet et mise en oeuvre des éventuelles aides marquent la cadence.

Qui est concerné ? Pour quels droits ?

  • tout militaire, hors période probatoire : information et orientation ;
  • tout militaire ayant au moins 3 ans de service : aide à la validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
  • tout militaire de carrière ou sous contrat ayant au moins 4 ans de service : aide à la reconversion sur demande agréée ;
  • tout militaire blessé en opération, sans condition de service, mais avec accord du médecin militaire : aide à la reconversion sur demande agréée ;
  • les anciens militaires, radiés des contrôles (RDC) depuis moins de 3 ans. 

Le parcours d’accompagnement

Source : TIM, Terre Information Magazine, n° 24 février 2013

Comment s’informer ?
Les militaires à la recherche d’informations sur la démarche de reconversion peuvent prendre contact n’importe quand et avec n’importe quel pôle ou antenne de Défense mobilité ou via :

Source : TIM, Terre Information Magazine, n° 24 février 2013

3 - Recrutements prévus dans les années à venir

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Même si l’armée de terre recrute chaque année environ 10 000 personnes, les effectifs de l’armée dans son ensemble ont tendance à se réduire. Selon, le Livre blanc - Défense et sécurité nationale, dossier de presse du 29 04 2013, « suivant les préconisations du précédent Livre blanc, les structures de défense et de sécurité nationale ont, depuis 2008, notablement évolué. Pour le ministère de la Défense, ces évolutions se sont traduites entre 2008 et 2012 par une diminution d’environ 40 000 postes sur les 54 900 prévus par le Livre blanc de 2008 pour la période 2009-2015. Afin d’adapter les effectifs du ministères de la Défense au nouveau modèle d’armée et aux exigences de la modernisation de l’action publique, de l’ordre de 34 000 postes seront supprimés durant la période 2014-2019 (dont plus de 10 000 au titre de la déflation déjà arrêtée en 2008).
De nouveaux leviers de gestion et de pilotage des réductions d’effectifs seront mis en oeuvre pour permettre les évolutions à venir. Ils comporteront un important dispositif rénové pour l’accompagnement social, humain et économique de ces évolutions, incluant un dispositif adapté de reconversion du personnel. Dans ce contexte de réforme, la concertation et le dialogue interne au sein des forces de défense et de sécurité nationale seront développés, notamment grâce à une rénovation des instances de concertation militaire ».

Synthèse réalisée par Centre Inffo, janvier 2014.


Sources

Aller plus loin

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