Les métiers de l’artisanat : tous ses secteurs ont besoin de forces vives !



50 000 : c’est le nombre annuel de postes à pourvoir dans l’artisanat ! Avec une palette de 250 métiers, l’artisanat offre un grand choix de carrières possibles et de réelles opportunités de devenir son propre patron. D’autant plus que le secteur peine à recruter et que de nombreuses entreprises attendent leur repreneur !

Cette synthèse sur les activités, les métiers et le recrutement dans l’artisanat s’appuie sur une publication de la Direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) : « Les chiffres clés de l’artisanat », édition 2014, ainsi que sur « La Lettre » de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat, les Rencontres sénatoriales de l’apprentissage de 2013 et la Semaine nationale de l’artisanat de 2014.


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1 - Points de repère

L’artisanat, première entreprise de France, propose 250 métiers et plus de 510 activités différentes, des plus traditionnelles (maçonnerie, menuiserie, boucherie…) aux plus modernes (micro-électronique, son et image, génie climatique…) y compris les services (mécaniques, coiffure, confection…) et la création artistique (céramique, bijouterie, arts graphiques, décoration…).


En France, l’artisanat représente, en 2012, plus d’un million d’entreprises dont 921 620 pour lesquelles l’activité principale est artisanale, soit une croissance d’environ 2% par rapport à 2011 (contre + 5% entre 2011 et 2010).
Ces entreprises se répartissent en quatre grands secteurs d’activité :

  • alimentation (7,4%) ;
  • fabrication (13,6%) ;
  • bâtiment (49,1%) ;
  • services (29,9%).

Les trois secteurs en croissance par rapport à 2011 sont : fabrication (+1,3%), bâtiment (+2,2%) et services (+2,7%).
Le rythme des créations d’entreprises a ralenti en 2012 par rapport à 2011, avec une diminution d’environ -4%. Cette diminution est cependant moins importante qu’entre 2011 et 2010 où elle atteignait -7%.

Les entreprises artisanales sont des TPE (très petites entreprises). Près de 60% n’ont aucun salarié et environ 30% d’entre elles en ont de 1 à 5 (voir le tableau ci-après).

Aucun salarié1 à 5 salariés6 à 10 salariésPlus de 11 salariés
58% 31% 7% 4%

Les effectifs de l’artisanat se répartissent en deux catégories : non-salariés et salariés. Plus de deux millions et demi de personnes travaillent dans le secteur de l’artisanat  : 2 746 000 en 2011 (contre 2 969 883 en 2010), dont 2 056 000 salariés (contre 2 079 760 en 2010, soit une baisse de 1,1%).
Dans les entreprises artisanales, la majorité des salariés sont des ouvriers (voir le tableau ci-après).

Répartition des actifs par catégorie socioprofessionnelle

Non-salariés monoactifsCadres Dont chefs d’entreprise salariésProfessions intermédiairesEmployésOuvriers
24 % 4 % 6 % 17 % 49 %

Les régions dans lesquelles l’artisanat pèse le plus lourd dans le total d’actifs sont : Alsace, Corse et Lorraine, avec 19% et plus. Viennent ensuite les régions Aquitaine, Auvergne, Languedoc-Roussillon, Limousin et Poitou-Charentes avec 17 à 19%.

2 - Évolutions de l’emploi et perspectives pour les métiers

50 000 : c’est le nombre de postes annuels à pourvoir dans le secteur de l’artisanat. Donnée extraite du Pacte pour l’artisanat, dont l’objectif est de répondre aux besoins d’emploi du secteur et de le préparer aux mutations à venir. 600 000 emplois salariés supplémentaires ont été créés en dix ans dans l’artisanat. En général, plus de 100 000 emplois sont à pourvoir chaque année dans l’artisanat et 30 000 entreprises sont à reprendre.

En France, des millions de demandeurs d’emploi coexistent donc avec les difficultés du secteur de l’artisanat à recruter. Des pistes d’explication sont avancées : l’incapacité du système de l’orientation à présenter les carrières de l’artisanat, le déficit d’image des métiers dans leur modernité et l’inadéquation entre les politiques et programmes de formation et la réalité économique des entreprises.

La crise a aggravé les difficultés de recrutement

Aujourd’hui, et ce malgré la crise, l’artisanat est face à un risque de pénurie de main-d’œuvre. Les difficultés de recrutement touchent plus fortement les entreprises artisanales que les grandes entreprises. Il existe un véritable risque de perte de compétences engendré par des départs à la retraite non compensés par des recrutements faute d’attractivité du secteur.

Des nouveaux profils, précurseurs de l’artisanat de demain

Les métiers de l’artisanat n’ont cessé d’évoluer au rythme des innovations et des nouvelles technologies. En parallèle, de nouveaux métiers se développent avec l’apparition de matériaux innovants, de l’utilisation du numérique, des technologies de pointe et la découverte de nouveaux marchés. Les entreprises de l’artisanat représentent donc un gisement d’emplois ancrés dans la modernité et l’innovation.

Tous les secteurs de l’artisanat ont besoin de forces vives !

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Papy-boom oblige, tous les métiers de l’artisanat sont porteurs d’opportunités d’emploi et le seront durablement : nombre d’entreprises sont à reprendre et ce, dans tous les secteurs.

Exemples de secteurs et métiers porteurs

Les métiers liés à l’éco-construction, la transition énergétique, les technologies propres, le retraitement des déchets sont promis à un bel avenir.
L’industrie au cœur des enjeux sociétaux d’avenir : l’artisanat de production et de petite production est le rouage décisif des secteurs de pointe tels que l’aéronautique, l’aérospatiale, etc.
Tous les métiers du service à la personne sont porteurs de réels débouchés : coiffeur, cordonnier, esthéticienne…
Les métiers de l’alimentation : le secteur de l’alimentation est dans l’artisanat le secteur où les reprises sont les plus fréquentes.

Les artisans, des hommes et des femmes de savoir-faire

Qualifiés dans leur métier, les artisans sont les dépositaires de nombreux savoir-faire transmis essentiellement par le biais de l’apprentissage.

  • Un artisan est officiellement reconnu comme tel s’il justifie soit d’un diplôme ou d’une certification dans le métier exercé, soit d’une immatriculation au Répertoire des métiers pendant au moins six ans.
  • Un artisan devient maître-artisan lorsqu’il peut justifier de dix années d’immatriculation au Répertoire des métiers, soit lorsqu’il est titulaire du brevet de maîtrise dans le métier exercé après deux ans de pratique professionnelle.
  • Un maître d’apprentissage confirmé est reconnu disposer des qualités pédagogiques et des compétences nécessaires pour former les apprentis. Ce titre est délivré par les chambres des métiers et de l’artisanat.
  • Le titre d’artisan d’art est attribué à l’artisan dont l’activité est répertoriée dans la classification des métiers d’art. Ce titre est délivré par les chambres des métiers et de l’artisanat.

« L’artisanat, première entreprise de France, forme 200 000 jeunes par l’apprentissage. 80 % d’entre eux, diplômés, sont embauchés à l’issue de leur formation, la quasi-totalité par l’entreprise formatrice. Si le parcours apprenti-salarié-chef d’entreprise reste le plus fréquent, nous accueillons de plus en plus nombreux d’autres profils, des étudiants généralistes sans métier, des salariés de tous secteurs qui veulent changer... Pour eux, nous avons créé les universités régionales des métiers qui proposent de nombreuses passerelles et des cursus d’apprentissage sur-mesure », Alain Griset, président de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat.

3 - Recrutements prévus dans les mois à venir

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L’étude Besoins de main-d’œuvre de Pôle ne collecte pas les projets de recrutement avec une entrée spécifique « Artisanat ». De ce fait, aucune information n’est disponible sur l’ensemble de ses métiers. Dans cette configuration, il est nécessaire de chercher des projets de recrutement « par métier » sur http://bmo.pole-emploi.org

Une description des métiers est accessible sur le site de l’artisanat : ici et ici.

Les métiers d’art sont disponibles ici.

En revanche, les chambres de métiers et de l’artisanat mettent en place des « Bourses de l’apprentissage », qui permettent de trouver un contrat d’apprentissage, par exemple dans l’Oise ou dans le Finistère.

Synthèse réalisée par Centre Inffo, mars 2014.


Sources

Aller plus loin

Numéro commun d’appel des chambres de métiers et de l’artisanat : 0825 36 36 36 (0,15 euro/mn).

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