Les métiers de la propreté



Le secteur de la propreté recrute : en 2012, on a estimé à environ 20 000 personnes les besoins en emploi « pérennes », c’est-à-dire en contrat à durée indéterminée et sur des temps hebdomadaires supérieurs à un mi-temps.

Cette synthèse sur les activités, les métiers et les situations d’emploi dans la branche de la propreté s’appuie sur un portrait du secteur, Les chiffres clés (édition 2013), et sur une étude prospective du secteur de la propreté et des services associés (mai 2013), réalisés par le Fare.


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1 - Points de repère

La propreté est une activité de services aux entreprises et aux collectivités. Les entreprises de propreté interviennent dans des environnements très diversifiés : bureaux ou locaux administratifs, parties communes d’immeubles, distribution (commerce, grandes surfaces, etc.), santé (hôpitaux, cliniques, laboratoires, maisons de retraite…), industrie (agroalimentaire, automobile, nucléaire…), locaux et matériel de transports (bus, gares, aéroports…), hôtellerie, restauration, milieu scolaire… Les trois quarts du chiffre d’affaires des entreprises de propreté proviennent de marchés privés.
En revanche, le secteur de la propreté ne comprend pas le service aux particuliers, le nettoyage de la voie publique, la gestion et le recyclage des déchets…

La propreté en chiffres

  • 29 333 entreprises (avec les auto-entrepreneurs, au 01-01-2012).
  • 469 026 salariés (2012)
  • 34 % des effectifs en Ile-de-France, 10 % en Rhône-Alpes, 8 % en Paca.
  • 80 % de contrats à durée indéterminée (CDI).
  • 75 % de temps partiels.
  • 67 % de femmes.
  • 45 % de salariés de plus de 45 ans et 10 % de moins de 26 ans.
  • 29 % des salariés de nationalité étrangère.
  • Près de 60 % de salariés sans diplôme de formation initiale.
  • +1,9 % au-dessus du Smic pour le salaire minimum conventionnel en 2013.

1% des entreprises ayant plus de 500 salariés emploient à elles seules plus de la moitié des salariés du secteur. A l’inverse, les TPE de moins de 20 salariés représentent 80% des entreprises d’au moins un salarié et seulement 11% de l’emploi du secteur. Pour illustrer la concentration du secteur, on note que les 50 premières entreprises représentent 48% du chiffre d’affaires de la profession et emploient plus de 60% des salariés.

La grande majorité des salariés sont des agents de service

  • Agents de service : 90,2%.
  • Employés : 1,1%.
  • Chefs d’équipe : 5,1%.
  • Maîtrise d’exploitation : 1,9%.
  • Maîtrise administrative : 0,5%.
  • Cadres : 1,3%.

La répartition hommes-femmes diffère selon le niveau de qualification

Les femmes sont très majoritaires sur les postes d’agents de service (76%), d’employés (84%) et de maîtrise administrative (84%).
Les postes de chef d’équipe sont répartis à parts égales.
Les hommes sont majoritaires sur les postes de maîtrise d’exploitation (61%) et de cadres (69%).

Des niveaux de rémunération différents entre hommes et femmes qui traduisent des situations d’emploi différentes

On note que la rémunération la plus basse (moins de 900 euros) concerne 80% des femmes contre 60% des hommes. A l’inverse, les salaires les plus élevés (1500 euros et plus) sont attribués à 21% des hommes contre 6% des femmes. Ces différences sont liées à deux facteurs : l’accès plus fréquent des hommes aux postes plus élevés dans la classification, notamment au statut cadre et la part plus importante de femmes travaillant à temps partiel.

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Le phénomène multi-employeurs

Plus de la moitié des salariés de la propreté (53 %) ont plusieurs employeurs et réalisent en moyenne 30 heures de travail hebdomadaire. Les 2/3 d’entre eux ont un deuxième emploi dans la propreté.
30 % des salariés multi-employeurs ont un emploi principal ailleurs et trouvent des compléments d’heures dans la propreté. 15 % n’ont que des « petits boulots », dont un dans la propreté.

Le temps partiel concerne ¾ des salariés, majoritairement les femmes

Nombre d’heures hebdomadairesPart des salariés concernés
Moins de 17,5 h (moins d’un mi-temps) 45 %
De 17,5 h à moins de 35 h 30 %
35 h et plus 25 %

Source : Enquête annuelle sur l’année 2012.

Ces données présentent les durées de travail pour un employeur et ne tiennent pas compte de la possibilité de cumuler plusieurs emplois pour augmenter son temps de travail et ses revenus (phénomène du multi-employeurs qui touche plus de la moitié des salariés du secteur).
80% des salariés ont des horaires fixes.

Le travail de nuit reste marginal même si les horaires décalés sont une réalité dans ce secteur : 14% des salariés travaillent habituellement de 20h à minuit et 6% de minuit à 5h (auxquels s’ajoutent 15% qui travaillent occasionnellement dans ces créneaux horaires).

On relève par ailleurs des différences entre hommes et femmes pour les temps partiels : les contrats de moins de 9h concernent à 80% des femmes, ceux de 9h à 26h concernent aussi les femmes pour une grande part (75%). Les contrats de 27h et plus concernent, eux, 57 % d’hommes contre 43% de femmes.

2 - Évolutions de l’emploi et perspectives pour les embauches à venir

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Le nombre d’entreprises ayant au moins un salarié est passé de 11300 environ en 2008 à environ 11800 en 2009, s’est stabilisé en 2010 et a connu une légère baisse en 2011, avec 11766 entreprises.

Sur l’année 2012, les entreprises de propreté ont recruté environ 550 000 personnes, soit un peu plus d’une fois leur population salariée en moyenne ! Une majorité, près de 70%, est embauchée en contrat à durée déterminée (CDD) pour assurer les remplacements, notamment des salariés en congés.

En 2012, on a estimé à environ 20 000 personnes les besoins en emploi « pérennes », c’est-à-dire en CDI et sur des temps hebdomadaires supérieurs à un mi-temps.

Après une légère stagnation en 2009, le nombre de salariés de la propreté continue de croître de près de 2% par an

Dans un contexte marqué par la crise, le taux de croissance de l’effectif salarié de la propreté a diminué en 2009. En revanche, la croissance a rapidement repris les années suivantes, contrairement à l’effectif salarié tous secteurs confondus qui peine à retrouver son niveau de 2007.

PropretéNombre de salariés
2008 443 572
Evolution 2007-2008 +3,05%
2009 445 224
Evolution 2008-2009 +0,37%
2010 451 844
Evolution 2009-2010 +1,49%
2011 459 551
Evolution 2010-2011 +1,71%
2012 469 026
Evolution 2011-2012 +2,06%

Source : Acoss ( Caisse nationale des Urssaf)

Diversification des activités

Depuis plusieurs années, les entreprises de la propreté élargissent leur offre commerciale en proposant des services associés. Elles se positionnent principalement sur :

  • des services liés aux procédés (gestion du courrier, manutention, logistique, déménagements internes, gestion des stocks, gestion des déchets, préparation des salles de réunion, etc.) ;
  • des services liés à l’entretien du bâtiment et de son environnement (espaces verts, entretien technique des locaux, etc.).
    Ces services permettent de répondre aux attentes des clients tout en offrant des relais de croissance et des opportunités de diversification aux entreprises de la propreté.

Formation

Si la majorité des salariés de la profession n’a pas de diplôme de formation initiale, cette part tend à diminuer au fil des années.

En formation continue, le nombre de stagiaires est en baisse en 2012 par rapport à 2011 : 68092 stagiaires contre 89250. Ces chiffres retrouvent un niveau similaire aux années précédentes. L’année 2011 avait en effet été marquée par une forte hausse (plan de formation et période de professionnalisation notamment) rendue possible par des ressources budgétaires conséquentes (mutualisation au niveau du plan de formation plus importante).

Cependant, les contrats de professionnalisation ont augmenté de 15% en 2012 par rapport à 2011, confirmant la volonté de la branche de développer les contrats en alternance.

Actions prioritaires de la branche

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Parmi les actions prioritaires définies par la branche, on trouve en particulier l’information et l’orientation pour répondre aux besoins de recrutement des entreprises de la propreté.
Les entreprises de la propreté ont en effet de forts besoins en matière de recrutement, notamment en candidats qualifiés. Pour autant, trop peu de publics s’inscrivent dans les filières du secteur et font le choix d’intégrer les entreprises de la propreté. Renforcer l’attractivité du secteur et améliorer la visibilité sur la filière, les métiers et les parcours ont semblé nécessaires à la branche qui a choisi de se positionner en acteur fort dans le paysage national et territorial de l’information et de l’orientation.

Autre priorité : développer la qualification et la certification des salariés par les certificats de qualification professionnelle (CQP) de la branche propreté. La profession a créé une offre de certifications de branche, complémentaire à la filière diplômante existante actuellement constituée de 6 CQP :

  • CQP agent machiniste classique ;
  • CQP agent d’entretien et de rénovation en propreté ;
  • CQP chef d’équipe en propreté ;
  • CQP laveur de vitres avec moyens spécifiques ;
  • CQP agent en maintenance multi-technique immobilière ;
  • CQP chef d’équipe en propreté et en maintenance multi-technique immobilière.

666 entreprises ont participé à la démarche en 2012 pour certifier 2330 salariés. Plus de 8 300 CQP ont ainsi été délivrés depuis son lancement en 2007. Le taux de réussite se stabilise à plus de 80%.

Renforcer la maîtrise des compétences clés des salariés fait aussi partie des priorités de la branche. Très tôt sensibilisés aux difficultés de maîtrise des savoirs de base de certains salariés du secteur, les partenaires sociaux de la branche propreté se sont engagés dans la lutte contre l’illettrisme dès 1999. En 2011, la formation aux écrits professionnels devient la formation « Clés en main » intégrant, au-delà des compétences générales en oral, écrit, calcul et espace-temps, des savoirs appliqués : savoirs numériques, technologiques, attitudes et comportements, gestes, postures et observations, univers réglementaire, ouverture culturelle.

Parmi les 3700 bénéficiaires de la formation entre 2006 et 2012, les ouvriers sont très largement majoritaires ainsi que les femmes, à l’image du secteur. Depuis le lancement du dispositif « Clés en main » en 2011, 297 personnes ont obtenu leur certification, une validation de la branche professionnelle qui garantit l’acquisition des compétences clés de la propreté : le certificat « Maîtrise des compétences clés de la propreté ».

3 - Recrutements prévus dans les mois à venir

L’étude Besoins de main-d’œuvre de Pôle emploi ne collecte pas spécifiquement les projets de recrutement pour le secteur de la propreté. Vous trouverez ci-après les prévisions de recrutement à court terme pour l’un des métiers du secteur sur l’ensemble du territoire et sur quelques régions.

Agents d’entretien de locaux (y compris ATSEM)

Zone géographiqueNombre de projets de recrutementPart de projets difficilesPart de saisonniers
France entière 76 723 29.1 % 21.6 %
Ile-de-France 11 297 26.7 % 14.4 %
Rhône-Alpes 10 121 34.7 % 21.6 %
Paca 6 679 35.9 % 15.6 %
Nord-Pas-de-Calais 4 722 26.5 % 11.1 %
Pays de la Loire 4 713 36.7 % 25.2 %
Aquitaine 4 307 27.8 % 24.2 %
Bretagne 4 142 27.7 % 45.8 %
Centre 2 807 21.5 % 12.6 %

Source : http://bmo.pole-emploi.org

Sur le moteur de recherche de Pôle emploi, recherche simple ou recherche avancée, on trouve 150 offres sous le libellé :

  • Lieu de travail : Toute la France
  • Métier ROME : K2204 - Nettoyage de locaux
  • Appellations : Agent / Agente de propreté de locaux ou Agent / Agente de propreté tertiaire ou Agent / Agente technique de nettoyage industriel…

Pôle emploi recherche simplifiée

Pôle emploi recherche avancée

Synthèse réalisée par Centre Inffo, février 2014. 


Sources

Le Fare
Créé en 1995 à l’initiative de la Fédération des entreprises de propreté (FEP), financé par une contribution de toutes les entreprises de la branche professionnelle, le Fare accompagne le développement économique et social du secteur.

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