« La reconversion est un processus, comme la vie, ce n’est pas linéaire » (Nathalie Hugot, Apec)



Depuis quinze ans Nathalie Hugot, sociologue du travail, accompagne des cadres en mobilité ou en recherche d’emploi. Elle a vu des reconversions heureuses, des échecs, des renoncements… Découvrez son portrait et ses conseils.


Chaque projet est différent, entre ceux qui en rêvent depuis longtemps, ceux qui n’ont en réalité pas envie de confronter leur rêve à la réalité, ceux qui sont pressés de trouver un job au risque de s’oublier… Pour bien accompagner ces projets, la consultante en développement professionnel à l’agence de Paris-République, privilégie une approche « sensible » à l’écoute de ses interlocuteurs, même si elle assume son « droit d’alerte ». La règle d’or, pour elle, « c’est de partir des besoins de la personne, de ne pas être dans le discours tout fait ».

« Nous incitons à réfléchir : la piste choisie peut être précaire, avec des problèmes de débouchés. Parfois, il y a des effets modes : le coaching, l’hypnose, la naturopathie, c’est très en demande, mais aléatoire. Le maraîchage, la permaculture, ça fonctionne au niveau de l’adéquation des valeurs, mais est-ce tenable physiquement quand on a 45 ans, par exemple ? ». Tous les éléments sont mis en perspective, de l’environnement familial aux écarts de salaire ou de responsabilité conséquents.

Des prestations adaptées

Les prestations de l’Apec sont adaptées aux demandes : dispositif Perspectives en rendez-vous individuels, ateliers collectifs Changer de voie, Solutions formation, etc. « Lorsque les gens viennent à l’Apec, c’est déjà un effort. Il ne faut pas rester seuls dans sa réflexion, mais s’entourer de différents types de professionnels, avec un regard bienveillant sur le projet pour bien l’aménager. » Les enquêtes métiers sont souvent conseillées pour se rendre compte de la réalité d’un poste, et l’Apec peut mettre en relation des candidats à la reconversion avec des professionnels en poste.

« J’accompagne une personne dans le domaine de la formation et qui assure des prestations en tant qu’indépendant dans la communication. Elle veut s’orienter dans la cybersécurité, je l’ai mise en relation avec un ingénieur en cybersécurité, et elle a pris conscience des aménagements à faire. N’étant pas ingénieure, elle adapte son projet à la protection des données. »

Pas de précipitation

Hésiter, douter, faire un pas en avant et deux pas en arrière, tout cela lui semble tout à fait normal. « La reconversion c’est complexe, c’est un processus, comme la vie, ce n’est pas linéaire : il n’y a pas l’étape 1, puis les étapes 2 et 3. On peut commencer à mettre le pied dedans et puis s’apercevoir qu’il s’agit d’autre chose. Le psychisme est lent, et tout se fait étape par étape. C’est long, le projet doit être ancré dans la réalité, aménagé, anticipé. »

La formation peut servir bien sûr, surtout à rassurer les candidats. Mais là encore, point de précipitation. « Il faut être prudent, ne pas s’engager trop rapidement dans une formation, qui n’est qu’une passerelle. » Réfléchir, donc, prendre son temps pour progresser…


Mot(s)-clé(s) : Reconversion

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