Parfumeur



Le N°5 de Chanel, Byzance de Rochas ou bien encore Y de Yves Saint-Laurent... tous ces grands noms du luxe sont nés de l’imagination et des sens du parfumeur.


Créer des émotions...
Chypré, fleuri, poivré ou fruité, comme les dernières créations sur le marché, à base de musc ou de vanille... ces matières premières en tête, le créateur planche sur la formule. Et ce peut-être pour un parfum « glamour » comme pour un nettoyant ménager ! Mais, quel que soit le produit final, pas de jeu d’éprouvettes pour le créateur. Enfin, dans un premier temps. Monde moderne oblige, tout passe par l’ordinateur, avec à la clé une équation dotée de pourcentages.
...sous haute surveillance
Pour le nettoyant ménager comme pour le parfum de luxe, la création n’est pas libre. Le parfumeur, appelé aussi nez, se réfère à la « bible » éditée par l’International Fragance association (IFRA). Ainsi qu’aux tests de nocivité des matières premières réalisées par le Research Institute for Fragrance Materials (RIFM).
Briefing, débriefing avec le commercial ou avec le client... le temps de définir la formule retenue. Et seulement, seulement après intervient la pesée de la formule. C’est là que les senteurs se marient. C’est là que l’alchimie opère.
Compétences requises
Pas nécessairement scientifique
Le parfumeur doit avoir d’excellentes connaissances en chimie, ainsi qu’un bagage technique important (législation, droit commercial, marketing, gestion de production...). La maîtrise de l’anglais est également demandée.
Côté odorat, des qualités olfactives normales suffisent. Le métier s’apprend surtout grâce à un entraînement long et constant pour assimiler les odeurs. Il s’agit donc d’avoir de la mémoire, de l’imagination et de la créativité !
À l’affût des tendances
Savoir reconnaître les parfums, distinguer les nuances : autant de caractéristiques indispensables à tout créateur de parfums. Mais ce ne sont pas là les seules. Culinaires, esthétiques, vestimentaires, musicales, architecturales... il doit être curieux de toutes les modes, de toutes les tendances. Humer l’air du temps peut l’aider à créer des tendances olfactives.
Lieux d’exercice et statuts
Quelques pôles régionaux
IFF (International Flavors and Fragrances), c’est le nom du leader des parfums et des arômes dans le monde. Et les talents français y sont particulièrement nombreux et appréciés. En France, l’un des grands noms est Robertet, situé à Grasse depuis 1850. Bon nombre d’emplois se situent encore dans cette région aujourd’hui... même si un pôle cosmétique et arômes a vu le jour à, en 1994, à l’initiative de Jean-Paul Guerlain, en Eure-et-Loir, baptisé Cosmetic Valley.
Le luxe ou l’industrie
Le parfumeur peut travailler directement pour l’industrie des cosmétiques ou pour l’industrie chimique (qui produit, par exemple, les détergents). S’il intègre la parfumerie de luxe, ce professionnel peut être amené à se déplacer souvent afin de rencontrer les clients, en France et à l’étranger. Quant aux parfumeurs intégrés à une maison qui se consacrent à une seule marque, ils se comptent sur les doigts d’une main. On les trouve chez Guerlain, Patou et Chanel.
Carrière et salaire
Les places sont chères
Si les formations de parfumeurs ne sont pas légion, il y a bien une raison. Les débouchés sont limités. Si aucune statistique précise ne fait le point à ce sujet, on estime entre 50 et 100 le nombre de professionnels en charge de la création des parfums. C’est peu, mais ils sont d’une telle qualité que leur renommée est mondiale. Les groupes étrangers se les arrachent.
Débuter comme évaluateur
Il faut des années et des années pour mémoriser et réussir à identifier les très nombreux parfums. La patience est de mise... On peut démarrer dans le secteur à un poste d’évaluateur. Homme, ou plus exactement femme de l’ombre, l’évaluateur est en effet l’alter ego du créateur. Si le parfumeur donne le rythme, l’évaluateur apporte un regard critique, basé sur sa connaissance du marché, des tendances (thème gustatif, sensuel ou frais...). Un échange constant entre ces professionnels, tant au stade de la formulation sur papier qu’à l’heure de mettre en solution dans l’alcool.
Salaire du débutant
Il varie selon la structure d’embauche.
Accès au métier
Des profils variés
Il n’y a pas que l’école du parfum !
Évidemment, il y a l’ISIPCA (Institut supérieur international du parfum de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire) à Versailles. Avec, à bac + 5, un master sciences et technologies spécialisées parfumerie, cosmétique et arôme alimentaire. Et, l’une des clés d’accès à ce master est la licence de biochimie ou chimie, ou encore une licence associant chimie et biologie, ou bien encore chimie et physique.
D’autres voies sont à explorer, et pas toutes à bac + 5. Les recruteurs aiment diversifier les profils de leurs « nez ». Et pourquoi pas un étudiant diplômé en science politique, un cinéaste... à l’odorat développé ?
Témoignages
Francis, créateur de parfums
Pas d’odorat surdimensionné
Selon les commandes, on peut avoir une simple description par téléphone des attentes du client, avec juste quelques mots. Ce peut être une senteur fraîche pour un désodorisant destiné à la Thaïlande. Le marché final est toujours indiqué. On n’a pas les mêmes goûts olfactifs. Mais, le nez du créateur n’a pas d’odorat surdimensionné. Sourd, Beethoven savait bien ce qu’il composait. Pour la création de parfums, c’est pareil ! Inutile d’avoir toujours le nez au-dessus des diverses effluves.
Les formations qui mènent à ce métier
Master pro Sciences et technologies mention chimie spécialité arômes, parfums, cosmétiques : formulation, analyse chimique et sensorielle
Master pro Sciences, technologies, santé mention chimie spécialité formulation et évaluation sensorielle des industries des parfums, cosmétique et aromatique alimentaire
Licence pro Sciences, technologies, santé industries chimiques et pharmaceutiques spécialité analyses et applications des industries de la parfumerie, de la cosmétique et des arômes alimentaires

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