Le volume de recrutements historique
Le premier constat est massif : environ 760 000 postes seraient à pourvoir chaque année d’ici 2030. Contrairement aux idées reçues, la grande majorité de ces opportunités (90 %) provient du remplacement des actifs partant à la retraite (le "papy-boom"), plutôt que de la création de nouveaux métiers ex nihilo.
Le trio gagnant des secteurs porteurs
Trois grandes dynamiques tirent le marché vers le haut :
- Le soin et l’accompagnement : avec le vieillissement de la population, les métiers du "care" sont en tête. On prévoit la création de 410 000 postes pour les médecins, infirmiers, aides-soignants et aides à domicile.
- Le numérique et la recherche : la transformation digitale continue de doper l’emploi. Environ 180 000 postes supplémentaires sont attendus pour les ingénieurs en informatique, les experts en cybersécurité et les cadres de la recherche.
- La transition écologique et le bâtiment : la rénovation énergétique des bâtiments et les nouvelles normes environnementales vont générer 120 000 créations d’emplois, notamment pour les ouvriers qualifiés du bâtiment et les cadres techniques.
Les métiers qui vont le plus recruter (en volume)
Si l’on cumule les créations de postes et les départs en fin de carrière, voici les professions qui offriront le plus de débouchés :
- Agents d’entretien
- Enseignants
- Aides à domicile
- Conducteurs de véhicules
- Cadres administratifs, comptables et financiers
Attention aux "métiers en tension"
Le rapport souligne un défi majeur : le déséquilibre entre l’offre et la demande. Certains métiers pourraient manquer cruellement de bras. C’est le cas pour les ingénieurs en informatique, les infirmiers, mais aussi des métiers plus artisanaux comme les ouvriers qualifiés du second œuvre du bâtiment.
À l’inverse, des secteurs comme la banque, l’assurance ou l’administration publique pourraient voir leurs effectifs se stabiliser, voire reculer légèrement, sous l’effet de l’automatisation.
Ce que cela change pour votre orientation
Pour les jeunes comme pour les actifs en quête de sens, ces perspectives offrent des pistes concrètes :
- Privilégier les compétences transversales : la capacité à apprendre, à s’adapter au numérique et à comprendre les enjeux écologiques sera valorisée dans tous les métiers.
- Viser la qualification : les créations d’emplois profiteront majoritairement aux diplômés de l’enseignement supérieur, même si de nombreux métiers essentiels (manutention, aide à la personne) restent accessibles avec des formations courtes ou par la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience).
Anticiper 2030, c’est choisir dès aujourd’hui des parcours de formation qui font le pont entre vos aspirations et les besoins réels de la société.