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Les métiers verts

Quelles réalités recouvrent les métiers verts ? De l’ouvrier de traitement des déchets à l’ingénieur en énergie, combien d’emplois représentent-ils ? Cette synthèse présente les métiers verts et les métiers « verdissants », leur définition et leurs caractéristiques.

Les métiers verts représentaient 136 000 emplois en 2008 et les métiers « verdissants » concernaient potentiellement 3,6 millions de personnes. Cette synthèse s’appuie sur une publication conjointe de la Dares et du SoeS(1), réalisée en mars 2012.

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1 – Points de repère

Qu’est-ce qu’un métier vert ?

C’est un métier « dont la finalité et les compétences mises en œuvre contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les impacts négatifs et les dommages sur l’environnement », d’après la définition retenue par l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte (voir « aller plus loin »).
Les métiers verts représentent 136 000 emplois en 2008, repartis sur 9 professions liées à la production et la distribution d’énergie et d’eau, à l’assainissement, au traitement des déchets, au traitement des pollutions, ou à la protection des espaces naturels.

Qu’est-ce qu’un métier « verdissant » ?

C’est un métier qui est, ou sera prochainement, amené à évoluer pour s’adapter aux nouvelles exigences et préoccupations environnementales et « dont la finalité n’est pas environnementale, mais qui intègre de nouvelles « briques de compétences » pour prendre en compte de façon significative et quantifiable la dimension environnementale dans le geste métier », selon l’Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte.
Ces métiers représentent, selon le périmètre considéré, un volume d’emplois de l’ordre de 3,6 à 4 millions en 2008. Le principal problème est l’identification de ces professions « verdissantes », en raison des difficultés à estimer le degré de « verdissement » actuel ou potentiel des différents métiers.

2 – Évolutions et perspectives pour les métiers

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Les professions vertes et « verdissantes » ne sont pas toutes exercées dans des établissements dont l’activité principale est liée à l’environnement et, inversement, les emplois dans les secteurs liés à l’environnement ne correspondent pas tous à des métiers verts ou « verdissants ».

Focus sur les métiers verts

Dans quels secteurs d’activité s’exercent les métiers verts ?

Les activités de l’économie verte incluent les éco-activités et les activités périphériques. Les éco-activités regroupent les activités produisant des biens et services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles. Les activités périphériques produisent des biens et services favorables à la protection de l’environnement ou à la gestion des ressources naturelles.

50 % des métiers verts s’exercent dans les éco-activités en 2008 : 34 % dans la protection de l’environnement (collecte et traitement des déchets ou des eaux usées notamment), 14 % dans la gestion des ressources naturelles (production d’énergie notamment).
12 % des métiers verts se trouvent dans des activités périphériques, surtout dans les activités de captage, de traitement et de distribution d’eau.
38 % des métiers verts s’exercent toutefois dans des secteurs d’activité ne relevant pas de l’économie verte, notamment dans les activités de distribution d’énergie.

Quels sont les métiers verts ?

Les neuf professions vertes identifiées peuvent être classées en quatre grandes catégories :

  • les métiers de l’assainissement et du traitement des déchets,
  • les métiers de la production et la distribution d’énergie et d’eau,
  • les métiers de la protection de la nature,
  • les métiers plus transversaux.

Ils sont principalement exercés par des hommes, salariés et ne sont pas uniformément répartis sur le territoire mais particulièrement présents dans les régions Centre, Haute-Normandie, Lorraine et Corse.

  • Assainissement et traitement des déchets : des métiers fortement masculins et peu qualifiés

Ces métiers comptent un peu plus de 50 000 salariés en 2008, soit près de 40 % des salariés exerçant dans les professions vertes, répartis en deux grandes catégories.

  • Les ouvriers qualifiés ou non qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets chargés du nettoyage de la voie publique, de l’enlèvement et du traitement des ordures ou de l’assainissement des eaux usées : agents de station d’épuration, agents d’assainissement, éboueurs...
    Avec 38 000 salariés, ces métiers représentent plus d’un quart de l’emploi vert. Ils emploient majoritairement des ouvriers non qualifiés (84 %).
  • Les conducteurs de véhicule de ramassage des ordures ménagères. Avec environ 13 000 postes, ils représentent 10 % des métiers verts et sont occupés par 94 % d’hommes dont plus de la moitié possèdent uniquement le brevet des collèges (contre 21 % pour l’ensemble des professions). Ceux qui possèdent un diplôme ont en général un CAP ou un BEP.
  • Production et distribution d’énergie et d’eau : métiers majoritairement masculins et qualifications variées

Ces métiers comptaient plus de 60 000 salariés en 2008, soit près de 46 % des salariés dans les métiers verts. On y distingue trois grandes catégories de métiers.

  • Les ouvriers qualifiés des industries (eau, gaz, énergie, chauffage) : agents d’exploitation du service des eaux, conducteurs de ligne de fabrication, opérateurs de salle de commande…, soit environ 10 000 personnes dont 96 % d’hommes, avec un CAP ou un BEP ;
  • Les agents de maîtrise et techniciens en production et distribution d’énergie, eau, chauffage, avec des fonctions d’encadrement de la production, techniques ou technico-commerciales, qui représentaient 41 000 personnes en 2008, 83% d’hommes et dont 20% ont un diplôme universitaire de premier cycle ;
  • Les ingénieurs et cadres de la distribution d’énergie ou d’eau interviennent dans la production et la distribution de l’électricité, du gaz, de l’eau, du chauffage et de l’énergie (chefs de district EDF ou ingénieurs EDF ou GDF, par exemple). Ces métiers comptaient 11 000 personnes en 2008 (dont 84% d’hommes) qui possèdent un diplôme universitaire, en général de 2ème ou 3ème cycle, pour les ¾ d’entre elles.
  • Protection de la nature : métiers majoritairement masculins et qualifications variées

Les métiers de la protection de la nature sont exercés par les agents techniques forestiers et les gardes des espaces naturels qui sont assermentés. Par exemple : agents techniques de l’Office national des forêts (ONF), gardes chasse, gardes forestiers, animateurs environnement, gardes pêche… Ils étaient 4 000 en 2008 dont 89% d’hommes. Environ un tiers ont un CAP ou un BEP, près d’un quart ont un bac ou un brevet professionnel et 15 % possèdent un diplôme universitaire de 1er cycle.

  • Métiers transversaux : davantage de femmes, de jeunes et de hautes qualifications

Deux métiers verts sont considérés comme transversaux car exercés dans des secteurs d’activité variés : les techniciens de l’environnement et du traitement des pollutions et les ingénieurs et cadres techniques de l’environnement. Ces métiers, qui relèvent principalement de la protection de l’environnement, s’exercent dans divers secteurs d’activité : la production et distribution d’eau, l’assainissement, la gestion des déchets et la dé-pollution, les activités spécialisées, scientifiques et techniques, l’administration publique, l’industrie manufacturière…

Les techniciens de l’environnement et du traitement des pollutions sont par exemple techniciens en assainissement, en traitement des déchets ou en environnement, ou techniciens des espaces naturels. Ils étaient environ 11 000 en 2008, dont un quart de femmes. Un technicien sur deux a moins de 35 ans (contre une personne sur trois sur l’ensemble des métiers en général). Fortement diplômés, 36 % possèdent un diplôme universitaire du 1er cycle et 17 % ont un diplôme universitaire de 2e ou 3e cycle.

Les ingénieurs et cadres techniques de l’environnement, par exemple, ingénieurs en traitement des déchets, chargés d’études en environnement..., dont près de la moitié ont moins de 35 ans et 84 % ont un diplôme universitaire, généralement de 2e ou 3e cycle. Ils représentaient 8 000 emplois en 2008, dont un tiers de femmes. Il s’agit du métier vert le plus féminisé.

Focus sur les métiers « verdissants »

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Dans quels secteurs d’activité s’exercent les métiers « verdissants » ?

Près des deux tiers des métiers « verdissants » s’exercent dans les secteurs d’activité non liés à l’environnement : activités de construction, transport, agriculture-sylviculture…

Seuls 21 % de ces professionnels sont employés par une entreprise dont l’activité principale relève des éco-activités, généralement dans la construction (travaux d’installation d’équipements thermiques et de climatisations par exemple) ou l’administration publique (notamment jardinier, technicien des travaux publics).

13 % des emplois sont exercés dans les activités périphériques, en particulier celles de la construction (travaux de menuiserie bois et PVC, travaux de charpente, de couverture).

Quels sont les métiers « verdissants » ?

  • 38% des métiers « verdissants » s’exercent dans le bâtiment, par exemple : architectes, couvreurs, électriciens... 20% des métiers « verdissants » sont liés aux activités de transport, en particulier les ingénieurs et cadres techniques de l’exploitation des transports.
  • 4 % des métiers « verdissants » s’exercent dans le domaine de l’entretien des espaces verts, par exemple : les artisans en parcs et jardins, les paysagistes, les jardiniers...
  • 2 % des métiers « verdissants » sont liés à l’agriculture et la sylviculture. Ils regroupent les métiers du conseil et de l’assistance technique en agriculture (animateur agricole, conseiller d’agriculture, conseiller forestier, technicien d’agriculture…), ceux de l’ingénierie en agriculture et environnement naturel (ingénieur agronome, ingénieur des techniques forestières)...

Le « verdissement » concerne aussi des métiers tels que les ingénieurs spécialistes des emballages, les agents de promotion touristique, les animateurs en centre de loisir, les responsables achats et approvisionnement, dans des activités industrielles, de tourisme, de commerce...

Synthèse réalisée par Centre Inffo, janvier 2013

(1) Service de l’observation et des statistiques (SoeS) du Commissariat général au développement durable (CGDD).


Sources
Les professions de l’économie verte : typologie et caractéristiques, Dares Analyses n° 018, mars 2012. [PDF]

Aller plus loin :

Mis à jour le 30 mai 2013